À propos


=== Le campement de la rivière est situé aux abords de la 198, à 20 km de Gaspé environ, près du forage Galt 4 qui a été bloqué du 6 au 14 août. === 

 

Le Camp de la montagne, formé d’une bande anonyme d’autochtones et d’allochtones, a ouvert une brèche sur le front de l’économie extractiviste en Gaspséie, plus précisément sur le territoire Mi’gmaq de Gespe’gawa’gi. Ce mouvement autonome de réoccupation du territoire a donné lieu à de nouvelles possibilités de lutte et d’alliance victorieuses. Dans la nuit du 7 août dernier, un groupe dont ni le nombre ni la composition ne sont connus a bloqué l’accès aux sites d’exploration de la compagnie de Junex, près de Gaspé. Le geste a été clair — mettre en lumière les visées de l’extractivisme en lui opposant une résistance déterminée.

Suivant cet élan, un campement est érigé par un groupe environnemental de la Gaspésie, Environnement Vert Plus, au pied du chemin menant au site de forage, et aux abords des rivières limpides Petite-fourche et York. Le Camp de la rivière a été mis en place pour demander l’arrêt immédiat des travaux, puis s’est affirmé dans une volonté de renseigner la population sur les risques environnementaux, sociaux et culturels de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures impliquant l’utilisation probable de la fracturation.  

La Sûreté du Québec a observé pendant une semaine le déploiement de la force technique du groupe anonyme derrière la barricade du Camp de la montagne. Le 11 août, Junex obtient une injonction de la Cour et, trois jours plus tard, la SQ démantèle la barricade. Les policiers ne trouvent derrière la forteresse qu’une seule personne, Freddie Stoneypoint, un Anishnaabe, protecteur de l’eau. En Cour, la Couronne tente sans succès d’imputer l’ensemble des dommages à Freddie, alors présenté comme un criminel. Il a été mis en liberté sous condition de quitter le territoire, mais le combat continue.

Suivant le démantèlement de la barricade, le Camp de la rivière poursuit, par d’autres moyens, la lutte contre l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures, et contre la fracturation en Gaspésie et partout ailleurs sur les territoires. Le camp multiplie les efforts visant à bâtir une force pour s’opposer à une économie destructrice, au travail concerté d’un État extractiviste et aux entreprises pétrolières qu’il finance. Il est le lieu d’une quotidienneté forte de sens où se multiplient les échanges. En ralliant des habitant.e.s de la Gaspésie, d’ailleurs au Québec et des Maritimes, il témoigne de la puissance de rencontres et de nouvelles alliances. Le banquet Junexit du samedi 19 août, ayant regroupé près de 100 personnes, dont deux chef.fe.s traditionnel.le.s Mi’kmaq, Gary Metallic du Gespugwi’tg et Susanne Pattles de l’Unama’gi, promet un bel avenir à la mobilisation anti-pétrole. Dans une déclaration, il et elle écrivent : « Nous appelons tous les groupes et individus qui se sentent concernés par la protection de l’eau et de la terre sur le territoire à faire entendre leur appui, à agir et à rejoindre la lutte sur place ».
 
Les lois favorables à l’extractivisme et le refus du gouvernement de soumettre les forages à des consultations publiques, malgré les demandes répétées de nombreux citoyen.ne.s, sont une des formes de provocation ayant poussé certains activistes à refuser une pacification de leurs moyens d’opposition. Le Camp de la rivière est le lieu de rencontre de diverses tendances politiques. Il soutient la diversité des tactiques et chacun.e est invité.e à y participer selon ses moyens.